Sophie Destremau
Ecouter, Accompagner, Créer
être en relation résonnante — Présence, résonance et création
L'écoute profonde ?
L’écoute profonde est une approche d’accompagnement au coeur de l’espace de la relation. Si elle a une intention, c’est celle peut être d’ouvrir à quelque.s chose.s, qui serait.ent déjà là, mais qu’on ignore.
Elle s’adresse autant aux personnes vivant avec des troubles de l’expression comme l’aphasie, ou une neuroatypie, ou avec des troubles cognitifs qu’aux aidants, proches, ou professionnels du soin. Elle s’adresse à tout un chacun.e vivant une épreuve, de la souffrance. Elle est particulièrement indiqué aux hypersensibles.
L’écoute profonde ne cherche pas quelque chose mais elle ouvre des chemins relationnels avec ce qui nous préoccupe.
Nous sommes des êtres vivant de connexions, d’interactions, de contacts, de relations.
Nous sommes aussi des êtres blessés dans la relation.
Cette pratique s’enracine dans une attitude de présence : le.la praticien.ne écoute de tout son être, avec toutes ses capacités, sans juger, simplement en se laissant résonner. Et c’est à partir de cette rencontre authentique de l’instant qu’il va écrire un texte.
Ensuite, ce texte vous est lu. Cela se renouvelle trois fois en moyenne.
Recevoir un texte d’écoute profonde, c’est s’offrir la résonance des mots, des phrases créés à l’instant.
Il y a donc une double résonance, celle du. de la praticien.ne qui écoute et écrit, puis la votre lorsque vous recevez le texte.
Et alors, qu’est-ce-que cela peut bien vous faire ?
D’abord, vous allez vous sentir en connexion, rejoint. Ce n’est pas forcément habituel dans nos communications avec les autres. C’est même assez rare. C’est notre besoin premier : se sentir en connexion avec un autre. C’est primordial et indispensable aux humains que nous sommes. Vous vous sentirez sans doute accueilli.e.
Tout ce que vous vivez s’imprime en vous. Ainsi c’est REPARATEUR pour tous ces endroits de vous-même qui souffrent ou ont souffert en silence.
Le contenu du texte offre souvent un démêlage en douceur. Il propose de changer certaines choses de place, un peu comme si vous vous offriez de faire le tri et de réordonner l’intérieur d’une armoire.
Lorsque vous prenez rendez-vous, c’est souvent parce que vous avez un besoin, ce qui se traduit par une question, que vous aurez formulée au début de la séance. La question va ouvrir un espace entre vous et le.la praticien.ne et c’est de là que vont émerger les mots.
C’est une expérience à faire et à refaire car elle est tout à fait inhabituelle. La première fois, notre système nerveux sensible et notre système cognitif peuvent être un peu déroutés. C’est tout à fait normal, car c’est nouveau, inédit, surprenant. Il est nécessaire de passer âr un temps d’apprivoisement. Notre société et son fonctionnement offrent rarement ce type d’espace sensible, précieux, profondément reliant.
Sans expérience vraie, sincère, sensible, il n’y a pas de thérapie. Sans relation, non plus.
Pour les personnes écoutées, elle offre :
un espace de sécurité émotionnelle,
la possibilité d’être entendu au-delà des mots,
une reconnexion à son propre rythme et à son intériorité,
un sentiment de paix, d’unité et de présence à soi.
Pour le proche-aidant ou le professionnel de la relation d’aide qui accompagne, l’écoute profonde permet de :
rencontrer l’autre autrement,
renforcer le lien de confiance et de respect mutuel,
trouver une sérénité intérieure dans la relation d’aide,
sentir que la personne accompagnée est au bon endroit, entendue dans sa globalité.
L’écoute profonde rejoint la médiation artistique en relation d’aide dans le sens où c’est un espace de création qui s’ouvre. Elle ouvre un espace un peu spécial, unique. Le texte créé appartient à la personne écoutée.
Dans un monde saturé de bruits et de paroles, l’écoute profonde est une respiration, un retour à l’essentiel : celui d’une rencontre humaine, vivante et silencieuse, où l’on peut enfin se dire et être entendu.e.
